Les conseils de l’ANACT pour préserver la santé des salariés

Publié le 13 avril 2020

Covid-19 : préserver la santé au plus près des évolutions du travail

Prévention du risque de contamination au coronavirus

Trois semaines après la mise en place du confinement, les principes de prévention du risque sanitaire, les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale sont désormais largement médiatisés. Il est cependant utile de rappeler comment articuler les actions à mettre en œuvre au travail.

Le télétravail à domicile et la suspension des activités qui ne sont pas indispensables sont les premières mesures de prévention du risque de contamination pour limiter le nombre de salariés exposés.

Dans le cas du maintien de l’activité sur les lieux habituels de travail, il convient d’identifier les circonstances dans lesquelles les personnels peuvent être exposés et de mettre en œuvre les mesures appropriées, sachant que la contamination peut s’effectuer :

  • de façon directe, par inhalation de gouttelettes contaminées lors de contacts étroits avec d’autres personnes (collègues, clients, publics bénéficiaires) ;
  • et de façon indirecte par le contact des mains non lavées avec le visage après avoir touché des surfaces contaminées.

 

En plus du respect des mesures d’hygiène individuelle, les actions à déployer reposent sur les mesures complémentaires suivantes :

  • Les mesures de distanciation sociale visent à éviter que plusieurs personnes ne se retrouvent dans un même espace au même moment, ou si ce n’est pas possible à les éloigner d’une distance d’1 mètre au minimum. Les solutions sont à ce titre, en premier lieu, d’ordre organisationnel (par ex. l’espacement des horaires d’arrivée pour éviter la présence simultanée des salariés dans les vestiaires, la réorganisation des postes de travail ou de l’emplacement des personnes dans les espaces partagés, l’organisation des circulations etc.), et d’ordre technique (par ex. la mise en place de barrières physiques ou d’écran entre clients et salariés ou entre salariés en proximité).
  • A ces mesures de protection collective, s’ajoutent des plans de nettoyage pour les équipements, surfaces de travail et locaux et d’évacuation des déchets. L’organisation du travail doit être adaptée : en prévoyant, par exemple, un temps suffisant de rotation entre les postes pour rendre possible le nettoyage des outils de travail.
  • Enfin, le recours aux équipements de protection individuelle est mobilisé chaque fois que le risque de contamination perdure.
    Il ne suffit pas que les consignes, matériels et équipements (produits nettoyants, savons, gels, mouchoirs uniques et masques etc.) soient disponibles. La sensibilisation et la formation des salariés à ces différentes mesures sont à prévoir pour en favoriser l’appropriation.

>> Pour aller plus loin :

Le ministère du travail diffuse des fiches par métier ou secteur d’activité détaillant les mesures à mettre en œuvre.

Points de vigilance

Comment faire en sorte que les nouvelles mesures de prévention soient applicables en situation réelle – sans créer de contraintes fortes pour les équipes et sans entrer en opposition avec d’autres consignes et critères de qualité du travail ?

  • L’employeur est tenu d’évaluer les risques et de mettre à jour cette évaluation lorsque les circonstances changent – comme c’est le cas avec l’épidémie de coronavirus. Le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ainsi que le plan de prévention sont alors à actualiser. L’expertise des salariés concernés, du comité social et économique et du service de santé au travail sont des appuis pour s’assurer que les mesures sont adaptées à la diversité des situations de travail.
  • Une attention particulière doit être portée aux activités généralement ignorées (situations de travail non standards, aléas et incidents) ainsi qu’au travail collectif et aux co-activités devant être maintenus.
  • Il est primordial de vérifier que l’ensemble des mesures retenues sont compatibles avec la nature du travail, en particulier pour tous les métiers de service auprès de publics fragiles. Lorsque le cœur de métier consiste à prendre soin de personnes avec leur concours et en relation avec des tiers, les mesures de protection des travailleurs et des bénéficiaires sont indissociables.
  • Faire régulièrement le point avec les salariés permet de vérifier la pertinence et de faciliter la mise en œuvre des mesures de protection.

Travail en mode dégradé

Dans le contexte de confinement, les activités sont interrompues ou partiellement maintenues, l’approvisionnement et la livraison perturbés, la disponibilité des ressources humaines restreinte, la production de biens ou de services s’exercent en mode dégradé avec des moyens adaptés. Le travail s’effectue en outre – à distance ou sur site – dans le cadre d’organisations transformées en urgence et fortement évolutives : fixation de nouveaux horaires et durée de travail, redéfinition des objectifs de production, adaptation des processus, renouvellement des équipes et des tâches etc.

Ces circonstances réclament des efforts d’adaptation et perturbent le fonctionnement collectif ainsi que les équilibres trouvés par chacun pour bien faire son travail tout en se préservant. L’enjeu consiste tout à la fois à limiter l’exposition aux facteurs de risques physiques et mentaux ainsi que leurs effets (fatigue, troubles, phénomènes de décompensation et accidents à terme) et à soutenir les ressources qui aident chacun à faire un travail de qualité et à se protéger (appui managérial, coopérations, objectifs adaptés…)

Points de vigilance

  • Toute réorganisation – et plus encore en mode dégradé – requiert des ajustements progressifs.
  • Il est important d’analyser toute nouvelle situation de travail, et de chercher à repérer de façon précoce leurs possibles effets en matière de santé au travail, avec l’aide si besoin des services de santé.
  • L’expertise des salariés est une ressource pour améliorer de concert le fonctionnement collectif et la préservation de la santé au travail.

3 rouages essentiels pour une prévention intégrée et continue

Plusieurs rouages sont à actionner pour soutenir l’activité et la prévention de façon globale, au plus près des évolutions de la production et des conditions de travail, en mobilisant l’ensemble de la ligne hiérarchique, des catégories de personnel et de leurs représentants. L’objectif consiste à faciliter les régulations entre les salariés, entre les encadrants et les équipes, entre la direction et les représentants du personnel, dans une dynamique favorable à une prévention continue.

Recommandations

  • Redimensionner régulièrement l’activité en fonction des ressources humaines, réévaluer la disponibilité effective des salariés – en tenant compte des besoins de récupération et des compétences réellement mobilisables (évolution des absences, nouveaux arrivants, nouvelles affectations, signes de fatigue, conciliation des temps de vie professionnelle et personnelle…).
  • Informer les clients et usagers des modifications de production et de services.
  • S’organiser pour prendre la mesure des impacts des changements des process de travail en termes de sécurité et de santé.
  • Redéfinir ce qui est attendu des encadrants, par exemple reconsidérer les exigences de reporting pour leur permettre d’assurer une présence de proximité en accordant une vigilance particulière aux personnes en difficulté et aux nouveaux embauchés.
  • Favoriser à tous les niveaux de l’organisation des relations de travail en confiance (plutôt qu’une culture du contrôle) pour le bon déroulement de l’activité de tous et pour offrir un cadre propice à l’expression des personnels.

Faciliter le travail à distance ou en présentiel

  • Inciter les salariés à faire remonter leurs préoccupations, les écarts entre « ce qu’il faudrait faire » et « ce que l’on peut faire » afin d’ajuster les solutions organisationnelles et techniques.
  • Être à l’écoute des remontées de terrain, des difficultés, des aléas rencontrés, des propositions.
  • Communiquer sur ce qui préoccupe les salariés : les absences, les manques de matériel etc.
  • Encourager et reconnaître l’engagement des équipes.
  • Organiser au niveau des équipes des modalités de débriefing adaptées pour faire le point sur une situation particulière ou sur le déroulement des journées de travail et favoriser les échanges de pratiques.
  • Réguler les tensions entre salariés ou avec les clients, dans un souci d’apaisement compte tenu des efforts d’adaptation de chacun, objectiver les sources de désaccord, animer des échanges sur les modalités de réalisation du travail.
  • Faciliter les coopérations entre différentes catégories de personnel, notamment entre ceux qui travaillent à distance et sur les lieux de travail.

Dans ce contexte, au regard des besoins urgents qui s’expriment sur les territoires, et en complément des mesures instaurées par les pouvoirs publics, l’Agefiph a décidé de créer ou adapter 10 aides financières et services pour accompagner les personnes handicapées dans l’emploi, qu’elles soient en emploi ou demandeurs d’emploi, et de soutenir les employeurs privés et les entrepreneurs travailleurs handicapés.

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